Héros et voitures : en mode super… ou pas

De Pégase à Tornado en passant par Bayard ou Rossinante, les Héros ont toujours pu compter sur leur destrier pour les seconder dans leurs tâches les plus ardues. Révolution industrielle oblige, les chevaux se sont mus en montures mécanisés sans pour autant perdre leur rôle de compagnon indéfectible, que du contraire.

À pied, à cheval ou en voiture

 Si nos héros, super ou non, ont pour la plupart besoin d’un moyen de locomotion, leur statut les oblige à s’équiper à la hauteur de leur rang. Ainsi il est peu probable de croiser l’un de ces sauveurs de l’humanité au volant – ou aux rennes – d’un véhicule d’une quelconque banalité. Il serait d’ailleurs amusant de savoir si certains d’entre eux auraient eu le même succès sans leur monture entre toutes reconnaissable. « L’Agence tous risques »  n’est-elle pas indissociable de son célèbre van GMC Vantura ? Et Michaël Knight aurait-il pu sortir de l’anonymat sans sa très américaine Pontiac Firebird ?

Bien entendu la voiture ne fait pas l’homme. Mais elle apparait comme un prolongement logique de celui-ci. Une sorte de relation fusionnelle les unit, faisant de l’un le complément naturel de l’autre, voire son double parfait.

Les Aston Marton suréquipées de James Bond au charme so british sont comme l’alter ego motorisé de l’agent secret alors que KITT compense par son équipement high tech le manque de super aptitude de son chauffeur.

Difficile d’imaginer l’homme derrière le héros sans la machine. Les rapports entre l’humain et sa monture ont évolué, certes, comme transfigurés par la modernité galopante, mais tendent bizarrement à rendre aux héros une certaine forme d’humanité normalisante.

D’une voiture à l’autre

Les voitures sont le reflet de leur conducteur, mais, au cinéma tout du moins, elles s’inscrivent également dans un contexte plus global. Il n’est donc pas rare de voir certains de ces véhicules évoluer au fil des époques et des réalisateurs.

Un des exemples les plus parlants est celui de la célèbre Batmobile. La franchise Batman a été revisitée à maintes reprises au cours des dernières décennies avec des résultats fort variés. Tout le monde se rappelle de la kitschissime série des années 60 avec Adam West dans le rôle titre. Plus parodique qu’axée sur l’action, la série voyait apparaitre la première Batmobile de tôle et d’écrous sous les traits d’une Lincoln Futura remaniée qui s’avère sans doute être la seule once de bon goût de ce portage télévisuel. Plus de 30 ans plus tard, Tim Burton donne quant à lui une version plus sombre et gothique où la Batmobile se veut plus élancée et d’un beau noir profond. Quelques années plus tard, c’est à Joel Schumacher que revient l’honneur de donner sa vision de l’univers de Batman. Une esthétique qui tranche radicalement avec celle de son prédécesseur. Toute en couleurs et en surenchère visuelle, Gotham City abrite dès lors une Batmobile fort peu discrète affublée de néons et couleurs criardes. Tout récemment, Christopher Nolan vient de clore sa trilogie du Chevalier noir. Le cinéaste britannique ancre quant à lui son récit dans un univers bien plus réaliste et pessimiste. L’équipement du Batman suit la même évolution et l’on peut apercevoir une Batmobile bien plus massive et moins glamour. Surnommé « Tumbler », ce véhicule est plus proche de l’engin militaire blindé que de la voiture de plaisance.

À chaque univers son modèle et ses priorités donc. Mais il existe aussi des constantes dans le changement. En 50 années de vie cinématographique, l’agent 007 a toujours su s’équiper de voitures à son image. Les modèles ont changé, évolué mais en gardant toujours la même optique : gadgets, classe et sobriété. Des Aston Martin en passant par les Bentley ou les plus récentes BMW, James Bond a toujours privilégié la belle tenue classique aux modèles tape à l’œil. Un choix qui va de paire avec sa retenue toute britannique.

Super, ordinaire… ou pas 

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une voiture hyper équipée, dotée d’un arsenal militaire ou d’une carrosserie pare-balle. Cela ne les rend pas moins reconnaissable d’entre toutes et chère au cœur de leur propriétaire. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer la magnifique Cadillac des Ghostbusters (baptisée affectueusement Ecto-1). A l’image de ses propriétaires, elle ne paie pas de mine mais s’avère un soutien indéfectible dans la tâche qui lui incombe.

Le fameux van GMC de l’Agence tous risques (en fait la propriété du producteur de la série) n’est certes pas aussi extraordinaire que d’autres véhicules du petit écran, mais difficile d’imaginer nos fugitifs réaliser leurs prouesses à bord d’une autre voiture.

Dans le même ordre d’idée, le 4X4 de Colt Seavers caractérise à lui seul toute la finesse dont fait montre son cascadeur de conducteur. Et point besoin d’artifices pour se faire reconnaitre.

George Barris, concessionnaire de luxe

Mais où diable peut-on se procurer ces véhicules d’exception ? Certainement pas dans une concession de banlieue. Non, car ces monstres roulants sont des pièces uniques, des œuvres pour la plupart issues de l’imaginaire d’inconnus du grand public. L’un de ces plus illustres travailleurs de l’ombre mérite qu’on lui consacre quelques lignes.

Le nom de George Barris ne vous dit certainement rien et pourtant vous avez sans doute pu admirer son travail. Le bonhomme est en effet le papa de quelques véhicules de renom. Le Général Lee (la Dodge Charger de  « Shérif, fais-moi peur »), la Batmobile version 1966 (celle de la série avec Adam West), la DeLorean à voyager dans le temps, la Ford Gran Torino de Starsky ou encore le 4X4 de Colt Seavers et bien c’est lui. Un C.V. impressionnant qui s’étale sur près de quarante années de collaboration cinématographique.

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6 réponses à Héros et voitures : en mode super… ou pas

  1. 2rak dit :

    Je n’aurais jamais pensé voir le nom de Georges Barris sur le site de la médiathéque !
    Bravo
    (plus qu’à placer le nom de Big Daddy Roth (en proposant le dvd qui raconte sa vie, par exemple))

    • Kenji dit :

      Merci, ce n’est pas vraiment un site de la Médiathèque, mais ça n’en est pas loin.
      On s’améliore, on fait ce qu’on peut en évitant les discriminations culturelles :-)
      Pour Big Daddy Roth, je vais me renseigner. Un vaste sujet à lui tout seul in fact !

      • 2rak dit :

        Tant qu’il ne lui arrive pas la même chose qu’à VonDutch en terme de récupération de l’image, on peut déjà s’estimer heureux …
        (d’ailleurs, de fil en aiguille, on pourrait aussi s’amuser à voir la récupération des T shirt « the Ramones » dans le cinéma américain)

      • Kenji dit :

        c’est un très bon sujet, de fait : la récupération de l’image / du symbole. Des Ramones aux Beatles en passant par les Clash… ou Le Che. Y a matière, indéniablement !!

  2. Rhoo la mustang en bas à gauche… magnifique !

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