Katerine, dandy pourri ?

On le dit libre, imprévisible, génial. Pourquoi pas. Mais est-ce suffisant pour faire de la – bonne – musique ? J’en suis bien moins sûr. Après le succès de son «Robots après tout» on attendait beaucoup du nouvel opus du plus iconoclaste des chanteurs français actuels. À la lire, la presse semble ravie d’avoir retrouvé son troubadour dandy à la langue si bien pendue. Mais il me faut bien plus que quelques lignes couchées dans la presse spécialisée (ou pas) pour me convaincre.
Sans a priori aucun (juré craché !) je me lance donc, plein d’attention et de bonne volonté, à l’écoute de la dite galette. Dès les premières mesures et les premières paroles qui parviennent à mes oreilles, un petit rictus se dessine sur mon visage. Ça m’amuse. Mon fils (2 ans) semble apprécier la prose très caca-prout du bonhomme et se met à se trémousser en souriant. Le pari est donc gagné. Le disque divertit et c’est bien là tout ce qu’on lui demande, non ? Et bien non ! Car malheureusement, après 20 minutes de petit sourire en coin, les zygomatiques commencent à fatiguer et l’esprit sort lentement de sa torpeur. Les petites ritournelles tournent à vide et l’ennui puis l’agacement prennent le dessus. Mais ce qui donne surtout l’envie de balancer son installation audio par la fenêtre, c’est l’impression très nette de se faire berner. Katerine a certainement du talent, loin de moi l’idée de remettre ça en cause, mais ici tout sonne faux et ce minimalisme de pacotille semble masquer une vacuité plus grande encore. Bon nombre d’intellectuels autoproclamés trouveront sans doute que le chanteur pousse le concept de l’album poubelle au-delà de la compréhension d’esprits simples. C’est possible. Que l’album entend dénoncer le vide inhérent aux productions musicales – voire artistiques en général – actuelles. Mouai. La seule chose qui m’apparait comme évidente, c’est qu’on peut trouver des excuses, des intentions louables à toute personne dont l’image d’iconoclaste a déjà été placardée dans tous les magazines un peu « tendance ». Pas sûr que si Michel Sardou avait sorti un album de ce type on lui aurait donné autant de crédit.
Ici l’image cache très mal la réalité qu’elle veut représenter. Ou alors est-ce mon interprétation de cette image qui est biaisée… Peut-être. Mieux vaut donc se concentrer sur la musique elle-même. Finalement c’est la seule chose que l’on est en droit d’attendre d’un chanteur/musicien. Hélas cet album a autant d’intérêt qu’un presse-purée, à la différence prêt que le presse-purée peut servir plus d’une fois lui… Alors au lieu de se poser en critique éclairé de nos habitudes de consommation culturelle, on ne peut que lui conseiller de se consacrer pleinement – et plus modestement – à sa musique… Ca demande peut-être un peu plus d’investissement que de se reposer sur les a priori (plutôt positifs hélas) dont il est le bénéficiaire. Il est sans nul doute plus difficile de s’exposer que de jouer au bouffon, non? Allez, sans rancune !

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