Patterns, schémas d’entreprise

Le célèbre créateur de la tout aussi réputée série  Twilight zone n’a pas toujours donné dans le genre fantastique, domaine où il excelle. Car c’est avant tout un scénariste hors pair capable d’insuffler à ses histoires une tension dramatique hors normes tout en posant un regard très critique et inhabituel pour l’époque sur la société de son temps. Patterns, où comment l’essor du capitalisme pousse les hommes dans les derniers retranchements de leur propre humanité.

Quand, en 1954, Rod Serling écrit pour la télévision le scripte de Patterns, il est loin de se douter des retombées qu’allait générer la diffusion du téléfilm. Car à la base, Patterns est un drama télévisuel, tourné et joué en « live » pour une diffusion sur le petit écran. Sa diffusion allait susciter un tel engouement critique et public, que Serling allait se voir proposer d’adapter son scénario pour le grand écran. Et c’est avec la quasi-totalité de l’équipe originale qu’il allait s’atteler à écrire une version étendue de son histoire.

À la réalisation, on trouve Fielder Cook qui, s’il n’a pas eu la même renommée que certains de ses contemporains comme Sidney Lumet, n’en demeure pas moins une valeur sûre de la mise en scène pour le petit écran. Sans artifices superflus, il transcrit parfaitement la tension palpable imaginée par Serling en jouant sur les répétitions (de lieux notamment) et le gigantisme oppressant des couloirs de l’entreprise. Si cette version cinéma s’offre plus de liberté que dans la version initiale (quelques plans en extérieur, des décors supplémentaires), elle en garde par contre une forme de modestie formelle, jouant sur l’apparente simplicité de ses attributs pour marteler son discours et sa frénésie.

Le terme « Patterns » pourrait se traduire par l’équivalent français « motifs » ou « modèles ». Et c’est bien de cela dont il est question ici ; l’entreprise dont il est question ici n’est pas montrée comme un cas isolé, mais bien comme un modèle plus universel. De la même façon, les situations, les propos tenus, les employés et cadres tendent à se fondre dans des moules bien définis qu’accentuent encore l’architecture bien structurée aux motifs redondants.

La notoriété toute récente acquise par Serling va lui ouvrir les portes de la renommée. Estimant que sa créativité était brimée par les velléités castratrices des annonceurs publicitaires, il va créer son propre programme (Twilight zone) où, sous le couvert d’histoires fantastiques ou d’anticipation, il va pouvoir écouler ses messages (souvent pessimistes) sur la société sans craindre la censure.

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